Retour d’expatriation difficile : ce qu’on n’ose pas dire en rentrant
On prépare un départ, on ne prépare pas un retour. Celui qui rentre retrouve un pays qui n’est plus tout à fait le sien et une version de lui-même qui n’a plus de place évidente. Ce que l’on n’ose pas dire en rentrant tient souvent en une phrase : « Je devrais être content d’être chez moi. »
Pourquoi le retour en France est-il plus dur que le départ ?
Au départ, tout le monde comprend que ce sera difficile : on vous prévient, on vous soutient, on attend de vous une adaptation. Au retour, on attend l’inverse : vous êtes « chez vous ». Cet écart entre ce qui est attendu et ce qui est vécu rend la désorientation plus silencieuse, donc plus lourde. Les dossiers consacrés au choc culturel inversé décrivent en général quatre temps : une période d’enthousiasme, une crise, un réajustement, puis une adaptation. Beaucoup de rentrants restent longtemps dans le deuxième temps.
Qu’est-ce qui change réellement au retour ?
Trois choses, rarement dites. Les repères pratiques d’abord : administration, logement, rythme de travail. Les liens ensuite : les amis ont continué sans vous, la famille a gardé une image ancienne. Le statut enfin : à l’étranger, vous étiez « l’expatrié » ; ici vous êtes quelqu’un de plus, parfois sans fonction équivalente à celle que vous aviez ailleurs.
Pour un dirigeant ou un cadre dirigeant, une quatrième s’ajoute : on rentre souvent sans avoir été préparé à ne plus représenter. Ce qu’on portait, un poste, une communauté, un pays d’accueil, ne rentre pas dans la valise.
Est-ce un choc culturel ou autre chose ?
Les deux. Le choc culturel inversé est réel, il se décrit, il passe pour beaucoup avec le temps. Mais il réactive aussi ce que le départ avait déplacé : la raison réelle pour laquelle on est parti, ce qu’on espérait y trouver, ce qu’on y a laissé. Une situation composite : une cadre dirigeante revient à Paris après dix ans à l’étranger. Elle décrit une fatigue, une irritation contre tout, la sensation d’être étrangère partout. Au fil des entretiens, la question n’est plus « comment me réadapter », mais « pour quoi suis-je partie, et qu’est-ce que je rapporte de ce départ ».
Quand le retour devient-il une raison de consulter ?
Quand la désorientation dure au-delà de quelques mois, quand elle touche le sommeil, le couple, le travail ou le sentiment d’exister, ou quand vous vous surprenez à vouloir repartir pour ne pas avoir à comprendre. Un médecin évalue et soutient lorsque les troubles sont importants ; un coach de retour organise la réinsertion ; un psychanalyste ouvre la question de ce que le retour rejoue.
Peut-on consulter depuis la France ou à distance un praticien qui connaît l’expatriation ?
Oui. Les entretiens se tiennent en français, en cabinet à Limoges ou en visioconférence sécurisée, que vous soyez encore à l’étranger, en transit, ou déjà revenu. Pour un premier échange confidentiel : frederic@duplessy.net.
Pour aller plus loin : Retour d’expatriation : rentrer, c’est aussi repartir, Rentrer en France, ne plus représenter et Psychanalyste francophone pour expatriés.
Frédéric Duplessy est psychanalyste depuis 2016, auprès des Français de l’étranger, des expatriés et de ceux qui rentrent (Praxis Apex). Il reçoit en français, à Limoges ou en visioconférence sécurisée, où que vous soyez. Il a passé trente ans dans la publicité, la communication et le numérique avant de devenir psychanalyste, et il est l’auteur de « L’esprit d’analyse : la psychanalyse à la portée de tous » (2020).


