Archive d’étiquettes pour : psychologie

Un dirigeant connaît l’incertitude : elle fait partie du métier. Mais il arrive qu’un doute prenne une autre épaisseur, sans qu’il soit possible d’en évaluer seul la gravité réelle.

Ce doute-là ne se partage pas facilement. En parler à un conseil, un associé ou un proche revient parfois à donner corps à ce qui n’est peut-être encore qu’une hypothèse, au risque d’aggraver une situation encore réversible.

Ce qui manque alors n’est pas un avis supplémentaire, mais un espace neutre où formuler ce doute sans en précipiter les conséquences. La parole, dans ce cadre, ne tranche pas à la place de celui qui parle : elle aide à distinguer ce qui relève du fait de ce qui relève de la crainte.

J’ai dirigé une entreprise pendant onze ans. Je connais cette zone incertaine où l’on hésite entre agir et attendre, sans schéma tout fait pour trancher à la place de l’autre.

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Certains scénarios reviennent avec une régularité qui finit par intriguer : les mêmes conflits, les mêmes choix, les mêmes impasses, sous des formes différentes.

La psychanalyse nomme ce phénomène la compulsion de répétition. Ce mécanisme inconscient rejoue ce qui n’a pas trouvé d’issue.

Ce qui se répète cherche moins à se reproduire qu’à se faire entendre. Tant que cela reste hors de la parole, cela continue de s’écrire dans les faits.

Le travail analytique ne consiste pas à corriger un comportement, mais à laisser émerger ce qui, dans l’histoire, demande à être dit.

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Beaucoup de personnes qui consultent ne sont ni malades, ni en crise psychiatrique. Elles traversent une période où la vie, telle qu’elle se présente, devient difficile à porter.

C’est une différence qui compte. Le psychiatre traite une pathologie ; le psychologue accompagne un trouble identifié. L’analyste, lui, reçoit une parole, sans présupposer de diagnostic.

Ce travail s’adresse à des personnes lucides, capables de s’interroger sur ce qui les traverse, et qui cherchent moins un traitement qu’un espace pour penser ce qui, jusque-là, restait informulé.

Il s’agit d’explorer ce qui échappe encore : des peurs, des freins, des mouvements intérieurs dont l’origine reste à éclaircir. Ce travail demande de la constance, et une certaine honnêteté avec soi-même.

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Le paradoxal al-truisme chez mon autrui, l’injonction à mon autre oui.

« Mon désir est de vous aider, que puis-je faire pour vous ? Si j’étais vous… Je pense (panse) que c’est pour votre bien. Moi à votre place… » … qu’est-ce qui nous pousse donc à vouloir donner notre avis, un conseil ; à intervenir alors qu’on n’a pas été forcément sollicité, interrogé ? … Effectivement, que désirons-nous donc lorsque nous pensons ou voulons aider ? Qui aidons-nous vraiment ? Que désirons-nous réellement ? Sommes-nous donc si démunis pour désirer ainsi le bien d’autrui ? Souffrons-nous tant pour mobiliser à tout prix notre esprit et notre énergie pour autrui, faute du vide qui occupe notre vie, ce néant final et inexorable ? Notre souffrance n’est-elle pas suffisante pour vouloir (s’occuper) de celle des autres ? Notre vie est-elle si vide que nous désirons la remplir de celle d’autrui ? Que donnons-nous en fait, qu’espérons-nous inconsciemment en recevoir ? Sommes-nous donc si désintéressés (en définitive, désintéressés de cet autre à soi), que nous en sommes finalement centrés sur notre désir, notre propre bien ? Est-ce encore ici l’occasion de nous perdre, d’oublier, par cet élan (d’abnégation?) qui nous offre ainsi la permission de nous fuir à nous-même ? Est-ce ce bien, qui appartient déjà à autrui – puisqu’il lui est identifié pour lui être destiné-, que nous recherchons, afin de trouver l’énergie, la raison, le prétexte, de nous oublier en le secourant ? Est-ce une fuite à soi ? L’autre nous emplit-il de son prétendu besoin ? Ou bien, nous emplissons-nous, nous-même en fait, de son prétendu besoin ? Et ce besoin en devient ‘il ainsi retenu, analisé, capté, volé ? A-t-il donc réellement si peu d’intérêt ( ou de rendement ) pour que nous en soyons soi-disant dés-intéressé(e) ? Est-ce aussi par là une forme de dévalorisation, démonétisation, mépris ? La perception, le sentiment de vacuité de notre existence nous poussent-t ’ils à rechercher « d’être à sa place », à nous projeter, pour mieux le conseiller sur ce qui nous ferait finalement du bien, à nous : en construisant le bien d’autrui pour nous, à notre image, à l’aune de nos désirs profonds, refoulés, inexprimés, qui ici peuvent se matérialiser par un transfert libératoire ? Demandons-nous à l’autre d’agir ainsi pour nous, ou de servir de levier d’action, par là où nous sommes nous-mêmes paralysés ? Désirons-nous ainsi son bien le plus précieux, celui que nous ne savons pas avoir pour nous même, mais que nous lui demandons d’avoir pour lui, afin de créer notre propre plénitude, notre propre accomplissement par ce transfert ? Et que jugeons-nous aussi chez nous parfois dans ce miroir ? : « Allez ! Secouez-vous ! Bougez-vous ! Voici de quoi subvenir à vos besoins, à votre manque, mais remplissez le mien, remplissez ce contrat moral, cet acte, que je vous demande d’effectuer en contrepartie du carburant, du moyen que je vous donne pour le réaliser. Me réaliser ». « Ce que je vous donne, je veux, j’exige au plus profond de moi, que vous l’employiez à bon escient, comme moi-même je le ferais… sinon, ce serait donner de la confiture au cochon… ( Ou à l’au-truie, que je suis…) » « Charité bien ordonnée commence par soi-même » : mais suis-je en capacité de m’aider, de vouloir mon bien ? (N’est-ce pas là le désir à l’autre ? La pulsion de débord ?) En ai-je un, moi, de bien ? Ai-je conscience de mon bien ? Existe-t-il pour moi ? En ai-je le désir ? Ai-je besoin de le valoriser ? « Je vous veux du bien ». La signification de ce désir prend un tout autre sens lorsqu’il est énoncé ainsi. Le rapport à l’autre et à soi n’est pas ici le même. Ce qui est signifié, et signifiant, est alors tout autre, consciemment comme inconsciemment, pour celui qui l’énonce, et pour celui qui l’entend. Ainsi que pour celui à qui il est adressé. La vérité de l’intention appartient à chacun : se permettre d’y distinguer charité avec solidarité, possession avec don, ostentation avec abnégation serai ici déplacé… Toutefois, ces projections inconscientes, issue de la culture, de l’éducation et de l’expérience de chacun, créent des situations et des interactions très différentes selon leur formulation, tant chez celui qui l’énonce, que chez celui à qui elle est adressée. C’est aussi le cas lorsqu’il y a transmission ou information de ce désir ou de cette action à des tiers. On peut imaginer ce qu’il en est dans le cadre associatif, mais aussi dans le cadre amical, familial ou encore professionnel. Selon le contexte, évènementiel, temporel ou social, la posture, la formulation, choisie ou non, consciente ou non, prend également une signification différente. Dans le contexte professionnel, par ce jeu de sens, ou par les modes de fonctionnement en groupe, peut ici s’installer la souffrance au travail. On peut retrouver cela dans le mot d’esprit, le lapsus, qui sont les parties visibles et conscientisée de ce surgissement qui généralement nous échappe. Mais le sens de ce que nous formulons ou énonçons réellement la plupart du temps est inconscient, il nous échappe vraiment pour le coup, nous ne l’entendons pas. Il est pourtant utile dans sa symbolique, car l’inconscient tente ici de s’exprimer pour révéler notre part de vérité cachée, nos pulsions, nos débords, l’origine de nos symptômes, de nos désirs profonds. Ils se répètent ainsi à l’infini et s’expriment inexorablement sous forme d’actes, de symptômes, de névroses que nous ne comprenons pas et qui surviennent à notre corps défendant, souvent contre notre volonté, parfois contre nous-même, sans pouvoir y faire quoi que ce soit : pourquoi suis-je comme cela, pourquoi cela m’arrive t’il, comment se fait-il que ce problème revient régulièrement malgré le fait que je m’organise, ou non, pour qu’il ne se reproduise pas ?… Car c’est un peu comme ces valises qu’on emmène avec soi et qui se rappellent à nous bien des mois après avoir fui une situation, opérant un déplacement physique là où il faudrait initier un déplacement d’un tout autre ordre. Ils se répètent ainsi à l’infini, attendant que nous soyons en mesure de travailler à les entendre, pour ne pas avoir à les répéter. Alors comment les révéler, les saisir, les conscientiser ? Il existe une technique qui repose sur la libre association d’idée, l’interprétation des rêves, la vérité et donc la parole de l’analysant qu’écoute l’analyste. Ce dernier peut ainsi entendre ce qui s’y dit réellement et le proposer à l’écoute de l’analysant. C’est simple à mettre en œuvre et accessible à tous pour peu qu’on accepte de s’y engager et de s’y investir réellement.

Capitaine du vaisseau, le chef d’entreprise porte l’image de l’établissement auprès des clients, des partenaires, des fournisseurs, des financeurs, des collaborateurs, des instances et collectivités locales, etc.

Sa propre dynamique, son charisme, insufflent l’esprit de l’entreprise et d’entreprendre aux parties en présence. Elle donne confiance aux investisseurs, aux créanciers et aux clients. Elle porte l’enthousiasme de ses équipes et leur envie de partager cette vitalité qui crée ainsi du désir induit pour les produits ou services proposés. Si ce n’est l’enthousiasme, c’est au moins la volonté ferme, structurée, du manager qui inspire confiance en l’avenir et dans l’entreprise.

Il est le guide, il est donc seul. Il n’est à aucun moment en droit de défaillir, surtout en apparence.

Il ne se donne généralement pas le droit, si besoin, de se confier à un tiers, même proche. Surtout pas à un collègue, encore moins à un autre chef d’entreprise. Rarement à un médecin. Souvent très peu à sa famille ou à son conjoint pour ne pas l’inquiéter. Les clubs d’entrepreneurs, les éventuels parrains, sont organisés pour échanger professionnellement, faire la promotion d’image, de produits ou services, apprendre des techniques comptables, de management, de marketing, etc. ce sont des lieux de représentation. L’échange ne se situe malheureusement pas dans le rôle du métier réel du chef d’entreprise qui va au-delà de sa profession exercée : diriger, décider, financer, gérer, présider aux destinées de l’établissement en sont la base mais ne constituent qu’une seconde couche professionnelle visible.

Etre le chef, le guide, le garant, le décideur, avec pour revers une épée de Damoclès permanente, un juge imparable et intraitable, sauvage et aveugle, lorsqu’on est le rempart permanent et surtout la caution morale, technique et financière personnelle de tout cela. Une position moralement et intellectuellement épuisante, pour laquelle le chef d’entreprise n’est ni formé, ni préparé.

Cette usure se manifeste invariablement, que ce soit en conscience, et plus profondément, insidieusement, inconsciemment. La dynamique de projet et de groupe, le sport, les réunions, les succès, les moyens financiers et techniques permettant de prendre du recul n’y feront rien, le chef d’entreprise est seul.

Irrémédiablement et moralement seul. Au milieu de tous. Impuissant à communiquer sur cela.

Pour ne pas se mettre en danger, pour ne pas laisser croire à une once de faiblesse possible. Parce que c’est aussi vers lui que vont les sollicitations, l’inverse ne semblant plus possible. Aussi, si elle survient et parvient à s’exprimer, sa demande de parole, de partage, de conversation avec un autre chef d’entreprise est systématiquement évitée : ce dernier aura peur de se dévoiler, d’affaiblir sa propre course et sa propre dynamique s’il s’arrête lui-même pour y penser, pour échanger. Le succès, le positif avant tout : Eluder cette pulsion de mort bue jusqu’à la lie, avaler ainsi littéralement la vie, et pour cela déborder de toutes parts vers l’infini, le néant : créer, courir, pour ne pas vraiment penser. Ne pas parler.

Quel espace, quel moment, alors, pour se laisser dire ?

En décidant de briser ce silence, en partageant délibérément mon expérience avec des confrères, en choisissant alors de m’exposer pour voir ce qu’il en était réellement, j’ai pu obtenir des confidences confondantes. J’ai pu déceler de la souffrance, de la solitude, un vide intime immense face aux défis quotidiens. Ainsi que bien d’autres symptômes, de non-dits, que les décideurs lisant ces lignes ont forcément à l’esprit.

C’est d’avoir été chef d’entreprise, à l’écoute des autres, que j’ai désiré devenir psychanalyste.

Psychanalyste pour les chefs d’entreprise mais aussi pour tous dirigeants, ou élus, en consultations individuelles, ainsi que pour leurs équipes, par la mise en place de groupes d’analyse de pratiques professionnelles. Il existe donc un lieu d’écoute, de travail par libre association, basé sur une absolue confidentialité, permettant de décider d’y réserver un temps spécifique dédié à la parole. Prendre rendez-vous permet de décider ou non de donner suite, de définir ensemble le moment, les modalités, en toute discrétion, au cours d’un ou plusieurs entretiens préalables qui n’engagent d’abord en rien, afin de mettre en place une cure dont la durée sera un-définie puisque s’acquitter de chaque temps de travail par la parole permet d’être libre de la quitter.

Ainsi l’analysant est au travail, l’analyste l’écoute, activement.

Une solitude, qu’une seule étude, – seul l’y es-tu ? -, seul à deux, solde et tue…de l’emprise, en prise, d’entre-prise.

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